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Scénario
: Mahamat-Saleh Haroun
Images : Abraham Haile Biru
Montage : Sarah Taouss Matton
Son : Marc Nouyrigat
Décor : Laurent Cavero
Musique originale : Diego Moustapha Ngarade
Musique additionnelle : Ali Farka Touré
Interprètes
:
Ahidjo Mahamat Moussa (Tahir)
Hamza Moctar Aguid (Amine)
Zara Haroun (La mere)
Mounira Khalil (La muette)
Koulsy Lamko (Le père)
Garba Issa (Le marabout)
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Tahir,
quinze ans, et Amine, huit ans, se réveillent un beau matin et
apprennent que leur père a quitté la maison. Pourquoi ?
Ils l'ignorent. Ils sont d'autant plus déçus que, ce jour-là,
il devait arbitrer un match de football opposant les gosses du quartier.
Ils décident alors d'aller à sa recherche à travers
une longue errance dans la ville, inspectant les différents lieux
où il avait l'habitude d'aller. Sans résultat
De
guerre lasse, ils se laissent aller, préférant l'école
buissonnière, flânant au hasard des rues, se réfugiant
dans les salles de cinéma. Un soir, dans la pénombre, il
leur semble reconnaître leur père à l'écran.
Les deux frères volent les bobines du film ...
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| LA PRESSE |
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Chronic'Art
A partir d'un fait divers observé au Tchad - les maris qui disparaissent
du jour au lendemain abandonnant femme et enfants -, Mahamat-Saleh Haroun
imagine un émouvant récit d'apprentissage emprunt d'une
poésie qui doit autant aux magnifiques décors naturels du
film qu'à la foi du cinéaste en les vertus presque magiques
du cinéma.
Africultures
(
) Abouna révèle la progression d'un véritable
auteur qui depuis le départ pense le cinéma. Les deux enfants
iront voler les bobines du film où ils ont cru reconnaître
leur père disparu de leur vie sans un mot : la porte entre le réel
et la fiction reste grande ouverte, cette possibilité de rêver
la vie pour se reconstruire, d'ouvrir l'espace du possible pour restaurer
la vie dans la réalité quand on sent qu'elle a été
volée. C'est ce qui émeut profondément dans Abouna
: l'utilité du cinéma, cette proposition d'une ouverture
du regard sur soi, sur son environnement, sur l'Afrique. Chaque image
respire une demande de respect en l'affirmant soi-même pour son
sujet. Ce sont les angles choisis, qui intègrent les éléments
du décor et les jeux de lumière, pour ne dévoiler
que l'essentiel sans jamais violer la personne. Ce sont les silences et
les regards mais aussi la fraternité et le sens filial. Tout cela
concourt à une morale qui n'a rien d'étriqué, une
morale du respect, une proposition faite au spectateur. Dès lors,
point besoin de démontrer ou de dire : l'image parle par elle-même.
Quand les deux enfants traversent une place jonchée d'immondices,
tout est là sur l'état du pays et sur leur solitude. Quand
la dureté de l'école coranique n'empêche pas la beauté
des personnages, une intensité s'impose, bien loin d'un cinéma
de pancarte. Il ne s'agit pas ici de dénoncer mais de saisir les
pauvretés et les richesses, les limites et les grandeurs. Ce regard,
par son épaisseur humaine, met sans doute mieux à jour les
contradictions et trouve une juste radicalité. Abouna est
une prière à la vie, une affirmation de dignité,
une leçon de cinéma.
Monsieur
Cinéma
Abouna est une uvre tendre et pudique qui présente
le cinéma comme un refuge de l'imaginaire, une manière de
survivre pour les deux garçons, mais aussi comme un outil de communication
et de transmission. Un film magnifié par un beau travail sur la
couleur, les lumières et la musique. Abouna tend à
l'apaisement et respire l'air du temps dans l'Afrique d'aujourd'hui.
Les
Inrockuptibles
Une fiction minimaliste et graphiquement parfaite.

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