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Scénario
: Tony Gatlif
Images : Céline Bozon
Montage : Monique Dartonne
Musique : Tony Gatlif et Delphine Mantoulet
Son : Philippe Welsh et Dominique Gaboriau
Décors : Brigitte Brassart
Interprètes :
Romain Duris (Zano), Lubna Azabal (Naïma), Leïla Makhlouf
(Leïla), Habib Cheik (Habib), Zouhir Gacem (Saïd)
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Un
jour, Zano propose cette idée un peu folle à sa compagne
Naïma : traverser la France et l'Espagne pour rejoindre Alger et
connaître, enfin, la terre qu'ont dû fuir leurs parents d'autrefois.
Presque par défi, avec la musique comme seul bagage, ces deux enfants
de l'exil se lancent sur la route. Epris de liberté, ils se laissent
un temps griser par la sensualité de l'Andalousie - avant de se
décider à franchir la Méditerranée.
D'une rencontre à l'autre, d'un rythme techno à un air de
flamenco, Zano et Naïma refont, à rebours, le chemin de l'exil.
Avec, au bout du voyage, la promesse d'une reconquête d'eux-mêmes...
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| LA PRESSE |
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Hollywood
Reporter
Exils est un formidable voyage à la découverte de
soi, un retour aux racines et une traversée vers l'âme. Ce
film magnifique est porté par l'interprétation sensuelle
de Lubna Azabal et propulsé par une musique galvanisante.
Studio
En retournant, après quarante-trois ans d'absence, dans son Algérie
natale, Tony Gatlif s'est mis à nu. Le spécialiste des "road
movies identitaires" touche ici, pour la première fois, le
cur de ses propres racines, et ça se sent. Filmés
à l'état brut, ses personnages - deux enfants de là-bas
qui portent les cicatrices de leurs parents - ne sont pas pour autant
immédiatement aimables. Il faut entrer dans ce film qui démarre
à fond de train sur un morceau de house music. Mais trait après
trait, note après note, le peintre-musicien Gatlif approfondit,
à chaque étape du voyage, leur relation et leur quête.
En cela, Exils est certainement le mieux construit de ses films. Et le
plus lourd de sens politique et poétique.
Le passage en Algérie, secouée par le tremblement de terre
- dont on sent qu'il a affecté le réalisateur -, amène
les scènes les plus chargées en émotions : Naïma
se sentant "étrangère de partout" et Zano retrouvant
sa famille. Interprètes de ces deux victimes de l'exil, Lubna Azabal
et Romain Duris sont étonnants de liberté et de naturel.
Ils démontrent, s'il en était encore besoin, que leur implication
de comédiens va bien au-delà du jeu. La lumière qui
les habite rend encore plus fort l'uppercut final que Tony Gatlif nous
assène, lors d'une scène de transe soufie en temps réel.
Un choc émotionnel.
On sort de ce périple initiatique comme eux : à la fois
essoufflé, transformé et séduit.
Les
Fiches du Cinéma
(
) Lubna Azabal inonde le film de sa sensualité sauvage.
Farouche et écorchée, elle prête à Naïma
sa rage de vivre et son obstination dans le mutisme. Romain Duris, lui,
fidèle interprète de Gatlif depuis Gadjo Dilo, incarne une
nouvelle fois la liberté d'un homme, curieux de son passé
et des autres, doux rêveur et vrai amoureux. Ils forment un couple
étonnant, où la hargne de l'une côtoie la douceur
de l'autre, pour trouver finalement une harmonie. Tony Gatlif livre un
film très personnel, toujours empreint de ce qui fait son cinéma
: musique, quête identitaire et appel à la liberté.
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)
Télérama
(
) Tony Gatlif filme comme on mord et on embrasse, sans retenue,
avec une fantasque et débordante sensualité. Sa caméra
et ses personnages se frottent au réel pour mieux l'enchanter.
Comme dans cette scène où Naïma et Zano, dans un verger,
croquent fruits et feuilles à même les arbres. Une scène
de désir, belle et drôle, éclatante, énorme.
Exils, film horizontal, qui racle le sol, la terre, traverse l'eau comme
ses héros, s'attarde parfois en chemin. Mais le voyage reprend
ses droits, les seuls droits de ceux qui sont sans papiers, passagers
clandestins, exilés en mouvement. Tout un peuple que croisent sans
cesse Zano et Naïma. Eux-mêmes se glissent dans le mauvais
bateau, qui les éloigne un temps de l'Algérie, comme on
diffère une révélation. Acte manqué, et avant-dernier
acte, voulu par le cinéaste comme un ultime mouvement musical avant
le point d'orgue, le retour aux origines et aux souvenirs perdus. Tout
converge vers la scène de transe soufie, explosion cathartique.
Filmée à l'arraché, avec ferveur, cette séquence
où mes corps s'emmêlent, au rythme des chants et des percussions,
raconte en elle-même une histoire de liberté, de douleurs
et d'abandon, de désir et de mouvement. Une histoire de voyage.

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