MONTE LA-DESSUS
Réalisation : Fred C. NEWMEYER - SAM TAYLOR
USA - 1923 - 80 min.

Scénario : Sam Taylor, Tim Whelan et Hal Roach
Images :
Walter Lundin
Trucages :
Fred Guiol et J.J. Murphy
Musique :
Carl Davis

Interprètes :
Harold Llyod (Harold),
Mildred Davis (Mildred),
Bill Strother (l'ami),
Noah Young (le policier),
Westcott Clarke (le chef de rayon),
Anna Townsend (la grand-mère),
Mickey Daniels (l'enfant
)

 

Venu de sa province natale pour faire fortune à la ville, Harold est simple vendeur dans un grand magasin. Il sacrifie sa modeste paye pour offrir un collier à Mildred, restée au village. Celle-ci, croyant à une réussite fulgurante de son fiancé, court le retrouver... De crainte de la décevoir, Harold fait croire à Mildred qu'il occupe d'importantes fonctions à la direction du magasin qui l'emploie... Dans un bureau, le jeune homme surprend une intéressante conversation : le directeur cherche désespérément une idée publicitaire pour attirer les foules au magasin. Harold propose de faire escalader la façade de l'immeuble par une "mouche humaine", en l'occurrence son ami Bill. Le jour choisi pour l'exploit, Harold est contraint de commencer lui-même l'escalade car Bill est poursuivi par un policeman qui le recherche depuis quelques jours. A chaque étage, Harold espère en vain une relève hypothétique. Et c'est avec une détermination empreinte d'effroi que le jeune homme accomplit l'exploit : escalader les vingt étages du building, risquant la mort à chaque seconde, pour gagner finalement une bonne prime et le cœur de Mildred qui a tout compris…

 

LA PRESSE  

Le Guide des Films
Ce film, le plus connu d'Harold Lloyd, est un des sommet du cinéma burlesque muet.


Anthologie du Cinéma
Monte là-dessus est une réussite de grande classe et contient l'une des séquences les plus angoissantes en même temps que l'une des plus célèbres du monde. Il constitue également un mélange inégalé de rires et de suspense.
Monte là-dessus est entièrement tourné hors des studios. Les scènes d'escalade du gratte-ciel, sont d'une perfection absolue sur le plan technique. Avec Monte là-dessus, Harold Lloyd devient, pour un public avide de rires et de sensations fortes, le Roi de la Comédie américaine.

Télérama
Le dernier tiers de ce film tourné en 1923 est légendaire : le jeune héros a engagé un sbire athlétique pour escalader à sa place un building - avec 1 000 dollars à la clé - et se voit finalement contraint de faire l'ascension lui-même. Les obstacles se multiplient : des pigeons le prennent pour perchoir, un filet de tennis lui tombe sur la tête, cordages et corniches semblent s'être ligués pour le faire chuter. Le réalisme du filmage et l'habileté du comédien à mimer le chancellement, finissent par provoquer chez le spectateur vertige et mains moites. Ce tour de force final ne résume pourtant pas le film. Celui-ci a choisi le registre de l'ironie dès la scène d'ouverture : Lloyd fait ses adieux à sa mère et à sa fiancée, des barreaux les séparent, on aperçoit au fond un nœud coulant. S'agit-il d'une pendaison ? Pis : on est à la gare, et l'enfant choyé part vers la grand-ville… Là-bas, il sera vendeur dans un magasin pour dames : avalanche de gags gentiment misogynes, certains irrésistibles, tant les clientes sont hystériques. On est dans la vie, la vraie, celle d'un petit employé maladroit et plein de bonne volonté. Car, immensément populaire aux Etats-Unis, Harold Lloyd était, à la différence de Chaplin et de Keaton, un comique intégré au jeu social. Son personnage de jeune homme romantique et bosseur, plutôt équilibré - le vertige ne le fera pas chuter -, renvoyait au public un rêve de réussite, professionnelle et affective. (…)