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Scénario
: Anna Pavignano, Michael Radford, Furio Scarpelli, Giacomo Scarpelli,
Massimo Troisi, d'après le roman d'Antonio Skarmeta, Une ardente
patience.
Image : Franco di Giacomo
Son : Massimo Loffredi
Montage : Roberto Perpignani
Musique : Luis Enrique Bacalov
Interprètes :
Massimo Troisi (Mario), Philippe Noiret (Pablo Neruda), Maria Grazia Cucinotta
(Beatrice), Linda Moretti (Rosa), Renato Scarpa (le chef du bureau de
poste), Anna Bonaiuto (Mathilde), Mariano Rigillo (Di Cosimo)
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Pour
vivre, Mario travaille sur le bateau de pêche familial, même
s'il rêve d'autre chose. Dans les années 50, un village de
pêcheurs niché sur les côtes d'une charmante île
italienne n'offre que bien peu d'opportunités. Aussi, lorsqu'au
village voisin on recrute un facteur, Mario n'hésite pas. Il n'a
qu'une seule adresse à desservir, celle du célèbre
poète chilien tout juste arrivé en exil, Pablo Neruda. Ainsi,
chaque jour, Mario porte les lettres et les paquets provenant du monde
entier à celui qui fascine toute l'île par sa réputation
de poète de l'amour. Au fil des mois, les deux hommes font peu
à peu connaissance. Mario fait preuve d'une naïve admiration
envers celui qui, un peu plus à chaque rencontre, lui fait découvrir
ce qu'est la poésie. Mario aborde un monde auquel il n'avait jamais
songé. Convaincu du pouvoir des mots, Mario n'hésite pas
à utiliser les talents de Neruda pour charmer Béatrice,
une séduisante jeune femme dont il est éperdument amoureux.
Cette idylle naissante révolutionne le petit village et occasionnera
bien des péripéties. Grâce à la poésie,
le modeste facteur trouvera bien plus que l'amitié et l'amour :
il découvrira aussi qui il est.
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| LA PRESSE |
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Les
Fiches du Cinéma
Massimo Troisi et Michael Radford désiraient travailler ensemble
depuis de nombreuses années. A la lecture du roman dont est issue
l'histoire du Facteur, Massimo, emballé, a aussitôt
proposé à son ami d'en co-écrire l'adaptation. De
cette association est né un film d'une pureté, d'une beauté
et d'une humanité rares. Un réalisateur anglais, des comédiens
italiens et français en font un film riche en sensibilités,
en sensations, un film brillant sur l'universalité des sentiments,
de l'amitié. On est désarmé devant la candeur, la
justesse désespérée et la générosité
de l'interprétation de Troisi. Des gros plans chargés d'émotion
s'entrelacent avec des plans larges où les acteurs semblent perdus
dans des paysages de toute beauté. Au bord des larmes et du sourire,
on se laisse doucement imprégner et porter par le rythme mélancolique
et doux de ce film magique.
La
Saison Cinématographique
Le film adapte un roman du chilien Antonio Skarmeta, qui a lui-même
réalisé une version cinéma (Ardiente paciencia)
à son retour d'exil consécutif au putsch de Pinochet qui
avait précédé de quelques jours la mort de Neruda,
expulsé du Chili en 1949 après l'interdiction du Parti communiste.
Le contexte politique de l'Italie alors en proie à la "chasse
aux sorcières" et la proclamation par Mario de ses convictions
communistes présentent d'évi-dentes similitudes.
Le film exerce une séduction intellectuelle reposant essentiellement
sur la découverte de la poésie par un être frustre
au contact d'un grand maître : les considérations qu'ils
échangent sur la métaphore sont savoureuses et drolatiques
et Mario tire la leçon de son enrichissement humain quand il déclare
que "la poésie n'appartient pas à ceux qui l'écrivent
mais à ceux qui ont besoin d'elle".
La splendeur des paysages marins de l'Italie du Sud sert d'écrin
à cette jolie fable sur l'amitié et l'amour : la séquence
où Mario enregistre les bruits de la nature à l'intention
de son ami lointain est d'une fort belle inspiration. Massimo Troisi,
mort à la fin du tournage, donne une prestation remarquable.
Positif
Le Facteur est un film tout en nuances et en demi-teintes, une
uvre nostalgique bercée par la musique de Luis Enrique Bacalov.
En mettant en scène l'Italie du début des années
cinquante, Radford développe une allégorie sur la force
des mots et des sentiments qui peuvent changer la vie plus que les révolutions
matérielles. Sans le moindre pathos, son petit facteur méridional
porte plus d'espérance en un monde meilleur que tous les leaders
politiques aux affirmations rhétoriques.

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