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Scénario
: Naomi Kawase
Images : Yutaka Yamazaki
Montage : Shotaro Anraku, Tomoo Sanjo
Lumière : Yuzuru Sato
Son : Eiji Mori
Musique : UA
Interprètes
:
Kohei Fukunaga (Shun)
Yuka Hyodo (Yu)
Naomi Kawase (Reiko)
Katsuhisa Namase (Taku)
Kanako Higuchi (Shouko)
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Les
Aso habitent avec leurs jumeaux, Kei et Shun, le vieux quartier de la
ville historique de Nara, ancienne capitale du Japon. La famille Aso perpétue
depuis des générations la tradition de la fabrication artisanale
de l'encre de Chine.
Le jour de la fête du Dieu Jizo, dans la chaleur torride de l'été,
alors que les deux enfants se poursuivent, Kei disparaît soudainement
au coin d'une ruelle
Comme enlevé par les dieux
Ce
jour-là, la vie s'est arrêtée pour la famille Aso.
Cinq années ont passé. Shun a maintenant dix-sept ans. Au
lycée il s'est inscrit à l'atelier de peinture. Il travaille
sur le portrait de son frère disparu qu'il n'a jamais pu oublier.
Shun et son amie d'enfance Yu sont attirés l'un par l'autre, mais
une douleur secrète les empêche de vivre cet amour. Un jour,
Yu découvre le secret de sa naissance, de son côté
Shun apprend ce qu'il est advenu de son frère jumeau. Ces révélations
les délivrent. Shun et Yu sont alors prêts à prendre
leur destin en main.
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PROPOS
DE NAOMI KAWASE
Tournage A Nara
Mon équipe et moi avons passé l'été 2002
à Nara pour réaliser : Shara. J'y suis née
et j'y ai grandi. Nara a plus de 1000 ans d'histoire, puisqu'elle était
la capitale du Japon au 8e siècle. Même si la ville s'est
matériellement transformée avec le temps, son cur
n'a jamais cessé de battre. Sa richesse, faite de tant de vies
qui s'y sont succédées au cur de l'histoire, est intacte.
Avec
les acteurs
Je ne me résouds jamais à considérer les acteurs
comme de simples personnages de fiction. Pour moi, mes acteurs et leur
personnage ne font qu'un, ils sont réels. Je leur ai demandé
de s'installer à Nara bien avant de commencer le tournage, ils
ont appris à connaître la ville, à la vivre quotidiennement
pour mieux s'imprégner de leur rôle, afin d'exprimer le plus
naturellement possible les sentiments que je leur demandais d'exprimer.
Et pour être au plus près de la réalité de
l'histoire, j'ai tourné les scènes dans l'ordre chronologique.
La
Photographie
Yamazaki, mon chef opérateur, a fait beaucoup de films documentaires
pour la télévision, surtout des reportages sur la vie des
enfants dans les pays en guerre.
Dans ses films, Yamazaki ne se contente jamais de décrire de manière
platement objective les conditions tragiques dans lesquelles vivent ces
enfants. Son regard va au plus profond des choses.
Il est humain, chaleureux, sincère.
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LA
PRESSE
L'Humanité
Évanescence. Une oeuvre atmosphérique, subtile, dont la
beauté se diffuse graduellement. Ce superbe film d'ambiance situé
à Nara, l'ancienne capitale du Japon, commence avec les déambulations
inces-santes de deux jumeaux dans les rues de la ville. L'un d'eux disparaît
mystérieusement. Rien n'est explicité : l'enfant a disparu,
la vie continue bon gré mal gré. Quelques années
après, l'énigme est vaguement résolue (mais on ignore
ce qui s'est vraiment passé) et la communauté prépare
la fête de Basara, qui va être une forme d'exutoire du drame.
Loin d'être un film cartésien, c'est un jeu de l'oie à
l'échelle d'un quartier, avec çà et là des
bribes de récit.
Chronic'Art
Shara emporte, dans un mouvement d'une puissance inouïe, le
récit d'une reconstruction familiale. Récit pourtant classique
de l'enfant disparu, mais que Naomi Kawase teinte, magiquement, aux couleurs
jaune et blanche d'une mise en scène lumineuse et comme en perpétuelle
renaissance. (
) Si Shara vole si haut, c'est qu'il est habité
jusque dans le moindre recoin du plan, affecté d'une tristesse
fuyante, empli d'une tranquille vitalité qui le conduit très
vite et en toute légèreté à l'absolue plénitude.
Son lyrisme contenu, feutré n'y est pas retors : pas d'autre monde
que ce monde-là, réduit à une petite ville de province
qui en retour ouvre une fenêtre sur l'universalité des sensations
et des sentiments.
Monsieur
Cinéma
Shara est une uvre toute simple et toute en finesse, qui
vogue sur les flots de l'émotion. La cinéaste ne s'appesantit
pas sur des explications narratives ou psychologiques, elle laisse venir
des réactions brutes et des jaillissements d'émotions. Ainsi,
la force de certaines séquences naît d'une certaine violence,
celle par exemple qui explose lorsque Taku retient son fils Shun et l'empêche
de sortir. De même, la liesse colorée qui envahit la longue
séquence de la fête de Basara apporte au film une énergie
incroyable. Le rythme tribal, la chorégraphie de groupe, le jaune-orangé
des tenues et la pluie qui suit
l'ensoleillement en font un passage-clé. Dans Shara, tout
est traité sur le même ton, avec frontalité : une
disparition, un accouchement ou un cours de peinture. Comme souvent dans
le cinéma asiatique, les visages restent souvent impassibles et
les réactions passent par les corps. Une des dernières images
du film montre cependant des larmes sur le visage de Shun, après
l'accouchement de sa mère...
Aden
(...) la cinéaste voulait faire ressentir ce qui était beau
et unique dans ces quelques moments de la vie ordinaire. En filmant la
douleur avec la même sérénité que la joie,
elle y parvient avec une intensité qui rappelle les maîtres
qui l'inspirent, le Russe Andreï Tarkovski et l'Espagnol Victor Erice.

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