THE WORLD
Réalisation : Jia ZHANG-KE
Chine - 2004 - 133 min.

Scénario : Jia Zhang-Ke
Images : Yu Lik-wai
Montage : Kong Jinglei
Son : Zhang Yang
Décors : Wu Li-zhong
Musique : Lim Giong

Interprètes :
Zhao Tao (Tao)
Chen Taisheng (Taisheng)
Jing Jue (Xiaiwei)
Jiang Zhongwei (Nin)
Wang Yiqun (Qun)
Wang Hongwei (Sanlaï)
Xiang Wan (Youyou)
Lu Juan (Yanqing)

 

Bienvenue au parc "The World". Ici en une journée, sans quitter la banlieue de Pékin, les visiteurs peuvent découvrir les monuments les plus célèbres du monde.
Tao, une jeune danseuse, se produit tous les jours dans des spectacles devant les répliques du Taj Mahal, de la Tour Eiffel, de la place St Marc ou de Big Ben. Elle a quitté les provinces du Nord quelques années plus tôt, avec son petit ami Taisheng, qui travaille comme garde de sécurité du parc. A un moment crucial de leur relation, Taisheng est attiré par Qun, une jeune styliste.

LA PRESSE  

Télérama
Et si la Chine, en particulier Pékin, était l'épicentre du monde contemporain ? Si c'était là-bas qu'on pouvait percevoir de manière la plus sensible la mondialisation en cours ? C'est l'une des multiples impressions que l'on ressent en sortant de ce film important et subtil de Jia Zhang-Ke, où l'on voyage beaucoup tout en restant sur place.


Le monde
Un film superbe sort aujourd'hui, The World, de Jia Zhang ke, qui devrait élargir le public du meilleur des jeunes réalisateurs chinois.
En attendant que les Chinois parcourent le monde, c'est le monde qui vient à eux dans une globalisation affadie et disneylandisée - le parc d'attraction qui donne son titre à l'œuvre. Usant sans fin des possibilités de son décor, digne des grandes comédies musicales d'antan, Jia chapitre son film en autant de lieux, qui vont de Paris à Tokyo, en passant par les Pyramides et Oulan-Bator. Y figure une galerie de personnages unis sous la bannière de la communication, amitié entre deux femmes ne parlant pas la même langue, ou petit ami jaloux si sa copine ne laisse pas son portable ouvert en permanence. L'optimisme n'est pas de mise, à l'image de cette guide qui ne connaît personne ayant pris l'avion alors qu'elle s'exprime sous le vrombissement des décollages de l'aéroport voisin du lieu. Encore un film fort, magnifique, superbe, émouvant, plus peut-être encore que les précédents de l'auteur qui se plaçaient sous le signe d'une distanciation qui n'est plus de mise ici.

Le Monde
The World est sans doute le film le plus noir de son auteur. Sous le vernis festif du spectacle et de la danse, Jia Zhang-Ke porte sur ces jeunes saltimbanques un regard triste mais tendre ; nullement cynique. C'est l'humanité qui résiste, qui crie sur les visages, filmés dans de longs plans fixes, dès que les personnages sont rendus à leur solitude. Et qui explose littéralement, dans une charge émotionnelle inédite chez Jia Zhang-ke, quand le tragique fait irruption.