TROIS ENTERREMENTS
The Three Burials of Melquiades Estrada
Réalisation : Tommy Lee Jones
USA - 2004 - 114 min.


Prix du scénario et Prix d'interprétation à Tommy Lee Jones au Festival de Cannes 2005

Scénario : Guillermo Arriaga
Images : Chris Menges
Montage : Roberto Silvi
Décors : Merideth Boswell
Musique : Marco Beltrami

Interprètes :
Tommy Lee Jones (Pete Perkins)
Barry Pepper (Mike Norton)
Julio Cesar Cedillo (Melquiades Estrada) January Jones (Lou Ann Norton)
Dwight Yoakam (Sheriff Belmont) Melissa Leo (Rachel)
Vanessa Bauche (Mariana)

 

Le corps de Melquiades Estrada, paysan mexicain, est retrouvé en plein désert, où il a été rapidement enterré après son assassinat. Par qui ?
Pete Perkins, contremaître de la région et meilleur ami de Melquiades, va mener lui-même l'enquête que les autorités locales refusent d'assumer. Seul garant, dans cette étrange région du Texas, d'une réelle humanité, il va découvrir le meurtrier, lui faire déterrer le corps et offrir à son ami le plus beau voyage de sa vie, vers une sépulture honorable dans son Eldorado natal, le Mexique.
Il va aussi offrir à son assassin une magnifique leçon sur la vie des hommes, le sens des valeurs, le respect de la vie.

LA PRESSE  

Elle
En pleine politique sécuritaire américaine, où la construction d'un mur séparant les Etats-Unis du Mexique fait débat, ce film hautement onirique s'inscrit dans la réconciliation entre les deux peuples.


Studio
Ce premier film de Tommy Lee Jones est une réussite. Ce western contemporain ressemble au visage buriné de son héros réalisateur : buriné, marqué, avec une sécheresse, voire une dureté apparente, mais plein d'une belle mélancolie et d'une profonde humanité. L'Ouest qu'il nous montre est toujours aussi beau que dans les films de John Ford et il y plane encore l'ombre sauvage de ceux de Peckinpah, mais, entre le chômage, l'immigration clandestine, l'ini-quité de la police, l'ennui et le mal de vivre au quotidien, il n'a plus grand chose de romantique. Le cinéaste arrive cependant à faire de la marche funèbre de ce trio improbable - un assassin, un justicier et un cadavre qui pourrit peu à peu - un grand film romanesque et lyrique qui, tout en dépoussiérant la mythologie du western, la nourrit à son tour. Sans doute parce que, au milieu de grands espaces de toute beauté, il y est question de voyage initiatique, de rédemption, de nostalgie, de dialogue des cultures … Et parce que ce "jeune" cinéaste de 59 ans, qui s'appuie en outre sur une construction brillante où flash-back et changements de point de vue sont habilement mêlés, a su rendre sa caméra à la fois familière et distante, pudique et sans complaisance. Enfin parce que l'interprétation est à la hauteur de son ambition.

L'Humanité
Dès les premières images de Trois enterrements, on est tenté de croire que, pour son premier long métrage en tant que réalisateur, Tommy Lee Jones s'est lancé dans l'exercice risqué du western. Le film se déroule bien dans les plaines désertiques américaines, à la frontière avec le Mexique. Tous les hommes ou presque portent des chapeaux, des revolvers et montent à cheval. Mais Trois enterrements n'est pas un western à proprement parler, plus un film sur la rédemption qui aurait pu se dérouler dans n'importe quel autre univers. Fort de cette idée, Tommy Lee Jones et son scénariste Guillermo Arriaga construisent une trame émouvante et riche, explorant avec densité valeurs (pardon, honneur) et sentiments (amour, attachement à ses racines). Formellement, le " jeune " réalisateur fait preuve d'une grande maturité, respectant les codes du genre
" grands espaces " sans en abuser et maîtrisant parfai-tement le scope et la
lumière désertique. Il s'affirme aussi comme un bon directeur d'acteurs. Tout en tenant impeccablement le haut de l'affiche, il permet à Barry Pepper (La 25e heure) de trouver son plus beau rôle.