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Scénario
: Radu Mihaileanu, Alain-Michel Blanc
Images : Rémy Chevrin
Montage : Ludo Troch
Musique : Armand Amar
Son : Henri Morelle
Décors : Eytan Levy
Interprètes :
Yaël Abecassis (Yaël), Roschdy Zem (Yoram), Moshe Agazai (Schlomo
enfant), Moshe Abebe (Schlomo adolescent), Sirak M. Sabahat (Schlomo adulte),
Roni Hadar (Sarah), Yitzhak Edgar (Le Qès Amhra), Rami Danon (Papy),
Meskie Shibru (la mère de Schlomo), Mimi Abonesh Kebede (Hana)
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Les
Juifs éthiopiens, appelés Falashas, sont considérés
comme les descendants du roi Salomon et de la reine de Saba. D'après
la Torah, il est écrit qu'ils reviendraient un jour en Terre Sainte
sur le dos d'un grand aigle. En 1984, des centaines de milliers de réfugiés
africains fuient la famine et sont regroupés dans des camps au
Soudan. Le gouvernement israélien organise l'opération Moïse
afin d'emmener des milliers de Falashas en Israël. Au moment de l'embarquement,
une mère chrétienne pousse son fils de 9 ans à se
déclarer juif pour le sauver. Elle le confie à une candidate
au rapatriement. À peine arrivée en Terre Sainte, après
les contrôles des autorités pour refouler les non juifs,
celle-ci meurt à l'hôpital, rapidement emportée par
la maladie. L'enfant, qui se nomme désormais Shlomo, est déclaré
orphelin. Il est adopté par Yaël et Yoram, une famille française
séfarade habitant Tel-Aviv. Bien que laïcs, ils croient respecter
les convictions de Schlomo en lui donnant une éducation religieuse.
Le gamin n'ose pas dire la vérité. Malgré la chaleur
dont l'entoure sa famille d'adoption, Schlomo peine à s'intégrer.
Il doit faire face au racisme et au fanatisme ...
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| LA PRESSE |
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Télérama
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) On sent que Radu Mihaileanu s'est emparé de ce sujet avec
un véritable élan du cur, une envie de dire la souffrance
et le courage de tous les enfants qui, comme Schlomo, ont subi les chaos
du monde. Le héros de Va, vis et deviens porte sur ses frêles
épaules de grands sujets : la solidarité internationale,
le racisme, la question juive et celle de l'identité personnelle...
Pour aborder tout cela, il faut parfois simplifier cette saga : la famille
adoptive n'existe que grâce à la mère et à
son interprète, la formidable Yaël Abecassis. Mais Radu Mihaileanu
ne perd jamais de vue son Schlomo, ni les paroles que lui a données
sa vraie mère pour seul viatique : " Va, vis et deviens. "
On le voit faire son chemin et sa vie, se construire lui-même. Sur
cette entrée dans l'existence, sur l'amour maternel et l'amour
tout court, rien ne manque. Et c'est fort, émouvant. Le public
ne s'y est pas trompé, qui a fait de ce film singulier un succès
populaire.
Africultures
(
) C'est un film où l'on pleure et l'on rit volontiers, en
phase avec cette saga qui traverse l'histoire israélienne sur vingt
années. Sans doute cela tient-il aussi à cette façon
très humaine de tourner, la caméra se plaçant à
la hauteur de l'enfant, les couleurs ne s'affirmant qu'avec le progressif
affranchissement. Tourné en scope, le film ne cultive pas les grands
effets mais ne renonce pas non plus au lyrisme que lui permet ce format.
La musique d'Armand Amar mêle habilement à l'orchestre classique
des voix, du violoncelle et les sonorités rugueuses du doudouk,
instrument arménien traditionnel. Les personnages ne sont pas stéréotypés
: chacun évolue et se révèle au contact de Schlomo,
à commencer par ce père adoptif qu'interprète avec
sa belle maîtrise Roschdy Zem, lequel a appris l'hébreu pour
jouer le rôle. Dans ce qui devient son amertume de militant pacifiste
déçu, il figure cet Etat d'Israël qui peine à
résoudre ce qui l'empêche de s'émanciper. Il a à
l'écran un jeu très physique en phase avec le souci permanent
du réalisateur de figurer le rapport au corps. Et c'est dans doute
cette corporalité permanente issue d'une vraie sensibilité
pour les êtres qui fait à la fois la force et la tension
de Va, vis et deviens et le hisse au niveau des films qui marquent.
Le
Figaroscope
Une fresque émouvante d'une grande intelligence de cur qui
mêle histoire et destin individuel. A travers l'incroyable épopée
sur vingt ans de son jeune héros, Schlomo, le cinéaste soulève
les questions d'identité, d'intégration, de racisme, d'amour
filial. Un film monté comme un opéra à trois temps,
enfance, adolescence, âge adulte et marqué par une ultime
note, le cri déchirant d'une mère qui, enfin, retrouve son
fils.

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