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Images
: Eric Gautier
Son : Guillaume Sciama, Daniel Sobrino
Montage : Luc Barnier
Décors : François-Renaud Labarthe
Interprètes :
Maggie Cheung (Emily)
Béatrice Dalle (Elena)
Nick Nolte (Albrecht)
Jeanne Balibar (Irène)
Don Mc Kellar (Vernon)
Martha Henry (Rosemary)
Rémi Martin (Jean-Pierre)
Laetitia Spigarelli (Sandrine)
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Emily
a eu son heure de gloire dans la chanson rock. Aujourd'hui accro à
l'héroïne, elle est en conflit avec Vernon, le manager de
son compagnon, Lee Hauser, dont le dernier disque, bâclé,
ne marche pas.
Après un concert à Hamilton, Lee meurt d'une overdose et
Emily est emprisonnée, sous méthadone.
A Vancouver, Albrecht et Rosemary, les parents de Lee, ont la garde de
son fils, Jay. Après six mois de prison, Emily n'a pas le droit
de voir Jay, tant qu'elle ne sera pas "clean". Il faut qu'elle
décroche. Elle s'installe à Paris, travaille d'abord dans
le restaurant chinois de son oncle, fréquente le petit monde de
son amie Elena, se drogue encore. Elle propose à Irène Paolini
(figure importante d'une maison de disque) une maquette de ses nouvelles
chansons, mises en musique par Gloria, une copine de prison
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| LA PRESSE |
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Jean-Pierre
Léonardini, L'humanité
La notion de justesse en art est si fragile, incertaine, modeste, qu'on
hésite à l'employer aujourd'hui. Elle demeure pourtant indispensable,
non comme la règle d'une science exacte impossible, du moins comme
appréciation subjective. C'est la justesse qui caractérise
Clean, ce film magistral d'Olivier Assayas, qui explore de manière
impavide les transformations à l'uvre chez un être
contraint de se recomposer pour survivre.
(
) Clean mêle des mondes disparates avec une science
aiguë de la contradiction. D'entrée de jeu, les représentations
de paysages usiniers crachant feux et flammes créent un climat
d'enfer aussitôt relayé par le tumulte de la scène
rock, avant qu'au fil du déroulement de l'écorce intime
du récit, des lieux de Londres, Paris et sa banlieue se découvrent
en décors naturels, en arrière-plan des états d'âme
d'Emily, au demeurant imperméable à tout ce qui n'est pas
son travail intérieur. Dans Clean, oeuvre polyglotte par
la force des choses, on parle anglais, français et chinois. Quelque
chose, là, commune mondialisation des affects, si cela veut dire
quelque chose, ce dont à tout prendre on n'est pas très
sûr. Clean de bout en bout filmé de main de maître
(image d'Eric Gautier), judicieusement scandé par des morceaux
de Brian Eno, conçu avec un amour manifeste, ancrant dans le concret
une hypersensibilité proprement magnétique, constitue sans
conteste un événement d'envergure dans un cinéma
national qui ne craint pas, pour une fois, d'aller voir ailleurs s'il
ne s'y retrouve pas. Il s'y retrouve, pour sûr, en toute intelligence
d'une complexité, assumée et résolue dans ses moindres
recoins.
Olivier
Pélisson, Monsieur Cinéma
Clean est un magnifique portrait de femme et un chant d'amour à
une grande actrice, Maggie Cheung. Olivier Assayas livre son film le plus
émouvant à ce jour. La course à la vie d'Emily emporte
le morceau et séduit le spectateur. La mise en scène du
cinéaste est lyrique et maîtrisée, utilisant le scope
pour y inscrire ses personnages comme dans un paysage, des plans larges
et amples aux gros plans sur les visages. Les voyages géographiques
(Canada, Paris, Londres, San Francisco) sont autant d'états dans
lesquels Emily passe et se cogne aux obstacles. Au centre du film, Maggie
Cheung excelle. Elle se débat, endure, court, chante. Elle s'abandonne
et se donne totalement à ce rôle inédit et proche
de ce qu'elle est dans la vie.
Le Point
Admirablement mis en scène, Clean retrace, avec un sens
aigu de l'épure, le cheminement initiatique d'une femme en lutte
contre les ombres du passé et la désolation du présent.
(...) Entourée de comédiens à leur meilleur (dont
l'impressionnant Nick Nolte), Maggie Cheung n'a jamais besoin d'en rajouter
pour susciter l'émotion. Sa prestation est à l'image du
film. Un des plus beaux de la rentrée.
Les
Cahiers du Cinéma
Clean, avec son titre ambigu, laisse chacun trouver sa propre place,
son propre désir et ses propres angoisses, vis-à-vis de
l'aventure de son héroïne vers le but qu'elle s'est donné.
Et puis, en toute liberté, dans un moment de grâce, il dépasse
ce but, vers un ailleurs ouvert, où palpite ce secret, une voix
humaine ayant retrouvé le sens de ses harmoniques.

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