QUAND LA MER MONTE
Réalisation et scénario YOLANDE MOREAU et GILLES PORTE
France / Belgique - 2004 - 93 min.

César de la meilleure actrice , César du meilleur premier film
Prix Louis Delluc du premier film

Images : Gilles Porte
Son : B. Kleitz, E. Lesachet, B. Biral
Montage : Eric Renault
Décors : M.P. Guerig, S. Berkenbaum
Musique : Philippe Rouèche

Interprètes :
Yolande Moreau (Irène), Wim Willaert (Dries), Olivier Gourmet (le policier), Jacky Berroyer (le journaliste de Béthune), Philippe Duquesne (le patron du café des Géants)

 

Irène est une comédienne en tournée avec "Une sale affaire", son one-woman-show avec lequel elle se produit sur les scènes du Nord de la France. Masquée, les bras et la robe tachés de sang, elle joue une femme qui vient de tuer son amant. Loin de son mari et de son fils, elle dort toutes les nuits seule dans des petits hôtels. Chaque soir, au cours du spectacle, elle invite un homme de la salle à monter la rejoindre. Un jour, elle repère dans la salle, un homme qui l'a aidée à réparer sa voiture tombée en panne. C'est Dries, un "porteur de géant" qui gagne sa vie en travaillant sur des marchés. Elle l'invite sur scène ...

LA PRESSE  
Monsieur Cinéma
" C'est un peu un challenge pour une femme, de faire rire " dit Jacky Berroyer, hilarant en journaliste décérébré dans QUAND LA MER MONTE, premier long métrage de Gilles Porte et Yolande Moreau. Evidemment, on n'adhère pas au propos. D'autant que le véritable challenge du film était de faire exister à nos yeux un personnage interprété par Yolande Moreau qui ne soit pas celui qu'elle a immortalisé avec les Deschiens. Et la comédienne y parvient au-delà de toute mesure. Avec Gilles Porte, elle va même beaucoup plus loin. Ensemble, ils apportent deux choses nouvelles dans le tout-venant cinématographique. Une région d'abord, le Nord, comme on ne l'a que trop rarement vue au cinéma. Loin des clichés et pourtant jamais idéalisée. Et ensuite ce petit quelque chose qui rend les personnages d'un film si attachants, ce regard à hauteur d'homme, ce petit supplément d'âme qui différencie le beau du passable. Alors, avec ses atouts, l'histoire d'Irène la comédienne qui porte un masque sur scène et dans la vie de tous les jours et qui va, via l'amour, apprendre à le faire tomber, nous fait rire autant qu'elle nous émeut.

Le Figaroscope
A priori, on pourrait craindre le pire : un film construit sur le seul nom de Yolande Moreau, l'ineffable Yoyo des Deschiens, donc tomber dans l'écueil du narcissisme et une histoire qui pouvait échouer dans le sentimentalo-misérabilisme. Miracle, il n'en est rien. Les deux auteurs, Gilles Porte et l'actrice elle-même, savent toujours trouver le ton juste, rester dans la simplicité, retrouvant un style que la France a beaucoup aimé : le réalisme poétique. Voilà une réflexion pirandellienne (comment vie et théâtre se confondent) joliment menée, en même temps qu'une fable sur le bonheur.